La grande vague de Kanagawa - Hokusai

Un peu d’amour…

J’aime, j’aime aimer. Etre bouleversée par un être qui arrive à toucher une partie de mon âme et me fait vaciller, perdre un peu la tête… M’enivrer de cette douceur, de ces regards, ces mots, ces gestes qui me semblent en dire tant. Je « tombe » rapidement amoureuse, terme si bien choisi car en effet je trébuche sur mes principes, chute la tête la première sur mes désirs et roule, toute cabossée avant de tomber dans les bras de celui qui me fera me sentir si unique et aimée.

J’aime, à m’oublier dans ce sentiment qui m’isole de mes propres aspirations, qui m’emporte, telle une vague immense et lourde. Je m’adapte, petit caméléon, comme toujours persuadée que je me retrouve plus que la fois précédente, qu’avec lui c’est différent. Mais ce qui est différent surtout, c’est la force des émotions ressenties, les difficultés qui ne sont pas au même endroit, les tentatives pour faire différemment d’avant, autrement que ce qui fait mal.

Je construis, petite fourmi travailleuse, mon petit paradis, mon refuge. Je travaille lentement, je me laisse porter aussi mais reste vigilante, « tu te perds, rappelle-toi ! » Et je tente de maintenir l’équilibre entre mes besoins, ceux que l’autre m’exprime, ceux que je pense déceler chez lui, chez moi aussi. J’avance, à pas feutrés, évitant les obstacles autant que possible, démêlant les conflits avant même qu’ils ne se développent. La jalousie, la possessivité, je ne connais pas. Et c’est une chance, je me dis, de pouvoir laisser l’autre vivre et aimer, et avoir la liberté de m’aimer, moi sans s’y sentir contraints.

Je sécurise, autant que je peux, je dorlote, je protège, met toute mon énergie dans ce nouveau quotidien qui s’établit, en m’adaptant à l’autre le plus finement possible, avec toujours cette vigilance, cet état d’alerte « ne te perds pas en chemin »… Et j’avance, je prends des décisions extrêmement difficiles, je romps quand plus d’issue ne semble se profiler, quand j’ai épuisé toutes mes ressources. Quand je m’assèche, me vide de moi-même. Quand c’est déjà trop tard.

Mais j’aime aimer, et j’aime les Hommes. Et je recommence, inlassablement ce cycle que j’espère à chaque fois différent. C’est un bonheur, oui, que d’aimer et continuer d’en avoir envie. Malgré les chutes on se relève encore, avec nos genoux écorchés et notre coeur à vif, les mains tendues pour l’offrir à nouveau …

La grande vague de Kanagawa - Hokusai
La grande vague de Kanagawa – Hokusai

Auteur de l’article : Stéphanie

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