La solitude

La solitude

Je l’adore, je la hais, elle m’accompagne depuis mon adolescence et même avant … A la fois amie, doudou, refuge, elle est aussi destructrice, angoissante et oppressante. Vous voyez les détraqueurs dans Harry Potter ? C’est un peu ça la solitude pour moi… quand je n’arrive pas à l’apprivoiser ! (les premiers instants de la vidéo expliquent très bien mon ressenti d’ailleurs :D).

Alors qu’enfant j’appréciais parfois être seule, à l’adolescence les choses se sont un peu compliquées. A l’école je ne trouvais pas ma place, j’avais peu d’amis et les moments de solitude étaient souvent teintés de tristesse. Je m’ennuyais pendant les vacances, passait mon temps à lire, dessiner et écrire, en essayant de casser ces moments où je me sentais trop seule même parfois entourée.

Les premières années où j’ai habité avec quelqu’un je supportais mal d’être seule, un peu comme si plus rien n’avait de sens à ces moments-là. Pourtant ces moments de ressourcement étaient nécessaires, et cela me permettait aussi de respirer. Mais je n’en faisais rien. Rien de constructif, rien de plaisant, juste rien.

A l’heure actuelle c’est encore différent. J’ai tendance à accepter beaucoup d’invitations, à bouger sans cesse et quand je suis chez moi, seule, il y a une sorte d’effondrement émotionnel qui s’opère. Je me relâche complètement (d’ailleurs je dors un peu plus à ces moments qu’habituellement), je prends un peu plus le temps de faire les choses, j’essaie de m’écouter. Je me lève avec le soleil, profite du calme et de la belle lumière que j’ai chez moi, savoure mon café en lisant quelques trucs, et je me sens bien.

C’est un peu plus tard que les choses se gâtent. Parce que sans énergie particulière, j’ai du mal à me mettre en mouvement pour faire quelque chose que j’aime. J’ai tendance à ne pas bouger, à « profiter » comme on me dit de faire … et cet état ne me va pas du tout. Mais le truc, c’est que le temps d’un coup prend une dimension toute autre. Ce que je fais rapidement habituellement me demande plus de temps, me coûte, l’envie de sieste me gagne, mais aussi de dormir pour arriver à demain où je me sentirai mieux.

J’ai toujours cru que j’étais vraiment solitaire. Et je me rends compte que non. Ce sont les relations, les interactions qui m’enrichissent, qui font de moi la personne que je suis aujourd’hui. Pas mes moments de solitude d’où ne provient rien de bien réjouissant…. Quoique. J’ai ces derniers mois réalisé que je pouvais me mettre en condition pour apprécier ces moments.

Celui ce ce soir m’a fait comprendre que j’avais une telle soif d’interactions que j’en oubliais parfois mes besoins. Je ne fais plus de courses, plus à manger, je cours, je virevolte… Je passe à travers la vie sans vraiment m’arrêter pour prendre le temps de l’apprécier. De l’aimer avec ses jolis moments, ses moments d’ennui, de tristesse… Je l’accepte dans ses beaux moments, je l’aime quand elle me rend heureuse. Je n’arrive pas à l’apprécier quand elle me rend triste, quand elle me blesse. Mais peut-être devrais-je m’attarder un peu plus. Me poser, faire tomber la pression, arrêter les pensées qui virevoltent. Et l’apprécier cette vie. Telle qu’elle est vraiment. Et prendre le temps de m’apprécier moi aussi, d’apprécier ma compagnie. Fut un temps j’en étais capable. Je courrais moins, j’exigeais moins de moi, je me contentais de vivre.

Et si j’y parvenais à nouveau ?

Auteur de l’article : Stéphanie

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